Jouons cartes sur table, je suis un fanatique de la franchise PES. Je veux dire que j’ai joué à tous les épisodes ou presque, année après année. Un vrai fidèle parmi les fidèles, puisque le dernier FIFA que j’ai possédé était le 2001. Je n’ai jamais retourné ma veste, et j’ai serré les fesses pendant toutes ces années où, il faut le reconnaître, PES c’était plus ça. Après quelques épisodes de constante amélioration, quid de PES 2018 ?

Gameplay : une simulation level 99

On va commencer par taper dans la fourmilière, quitte à en froisser quelques uns, mais FIFA = plutôt arcade et PES = plutôt simulation. Je mets des “plutôt” histoire de passer pour un mec tolérant. Donc, PES 2018 retrouve cette année sa splendeur d’antan, avec un gameplay fin, maîtrisé et ajustable de surcroît. L’équilibre entre attaquants et défenseurs est juste, et il vous faudra passer un bon moment en mode entraînement avant de pouvoir bouffer votre adversaire direct avec des gestes techniques venus d’une autre galaxie. Un peu comme dans la vraie vie, en fait. Il est également compliqué de semer un défenseur avec la balle au pied, comme dans la vraie vie. C’est là pour moi une différence fondamentale entre PES et FIFA cette année : pour avoir vu du gameplay de FIFA, il est extrêmement simple de perforer une défense et de filer au but. On est donc très (trop ?) loin de la réalité d’un match de foot.

Alors oui, j’entends les râleurs gueuler “ouais, mais si on peut pas marquer facilement c’est pas du juste”. Il faut juste essayer de jouer comme au foot IRL : avec des passes, des appels, du mouvement sans ballon. De plus, la difficulté du jeu est ajustable à souhait. En effet, vous pouvez décider de modifier différents paramètres à votre guise : changement de joueur auto ou non, tacles auto ou non, passes aidées ou non, tirs simples ou manuels…

PES 2018

Bref, il y en a pour tous les goûts. Honnêtement, j’ai pourtant quelques heures de vol sur la licence PES, mais tout désactiver représente un réel challenge. On peut s’y habituer et finir par botter des culs, mais ça risque de vous coûter un bon paquet de défaites.

Une bonne claque visuelle

On peut reprocher tout ce qu’on veut à la licence de chez Konami, mais s’il y a bien un point qui a toujours été d’une qualité constante, c’est la modélisation des joueurs. Cette année PES 2018 fait encore très fort, avec un niveau de détail tout simplement hallucinant. C’est simple, on a carrément l’impression d’avoir le joueur en vrai, et j’en rajoute pas. Sans se limiter au visage, le physique des joueurs est parfaitement réalisé, le visuel comme les sensations étant radicalement différents entre un Lionel Messi et un Paul Pogba par exemple.

PES 2018

Un Kylian M’Bappé plus vrai que nature !

 

Au delà des joueurs, on ressent qu’un vrai effort a été consenti chez Konami concernant l’environnement de jeu. Je parle du public et des stades. En effet, s’il y a quelques années le public était tout sauf naturel (le même mec avec trois t-shirts différents, avec la même animation, répété 80 000 fois), PES 2018 nous offre une belle immersion dans ses quelques stades, encore trop peu nombreux, mais ça on en parle plus loin.

PES 2018

Le “Mur Jaune” du Signal Iduna Park !

 

Modes de jeu : pas grand chose de nouveau

Vers l’ennui

Si PES 2018 peut tenir la dragée haute à son concurrent made by EA Sports (tsénégame, obligé) sur de nombreux points, les modes de jeu sont encore un point faible. En effet, FIFA a frappé très fort l’année dernière avec “The Journey” qui retrace la carrière d’un jeune joueur que vous incarnez. C’est bien fait, bien scénarisé, bref ça fait beaucoup de bien dans un jeu de foot.

Chez Konami, le mode qui s’en rapproche le plus est “Vers une Légende”, mais celui-ci ne tient pas du tout la comparaison. Eh oui, le mode est strictement le même depuis plusieurs années maintenant, vous commencez comme un joueur moyen plus de 17 ans et vous devrez jouer des dizaines d’heures avant d’espérer décrocher le Ballon d’Or. C’est tout. Pas de scénario, pas de doublage, pas de cinématiques, bref ce mode est chiant au possible.

Ligue des Masters 2.0

À la question “Quel est le meilleur mode de jeu de foot de l’histoire ?”, tout fan de la série PES répondra “LA LIGUE DES MASTERS, OF COURSE !”

Le mode de jeu emblématique ne fait pas réellement peau neuve, mais il contient son lot de nouveautés. Vous incarnez toujours un manager à la tête du club de votre choix, et il vous faudra recruter pour former votre équipe de rêve et marcher sur toute la planète foot. D’ailleurs, parlons du recrutement. Celui-ci est nettement plus réaliste, avec davantage de possibilités de négociation, ainsi que l’ajout des fameuses clauses libératoires. En gros, même si un club n’est pas chaud pour vendre son joueur, vous pouvez décider de péter votre PEL et d’acheter le joueur. Exit les négociations interminables avec le club.

D’autre part, les joueurs aguerris pourront se délecter de la présence de deux modes de difficulté : Normal et Challenge. Comme son nom l’indique, le mode Challenge est nettement plus dur : vous pouvez vous faire virer en cas de mauvais résultats et les négociations sont beaucoup plus ardues. D’ailleurs, votre patron dans le jeu vous fixe désormais des objectifs, alors à vous de les remplir pour gagner/garder sa confiance !

Autre petite nouveauté cool : les tournois de pré-saison. Ceux-ci vous permettent de vous familiariser avec votre équipe, d’ajuster les automatismes entre les nouvelles recrues, le tout sans risquer que ça vous coûte des points en championnat.

De plus, vous pouvez choisir un entraînement précis pour chaque joueur, et ainsi le muer à terme en une véritable machine.

Le sujet qui fâche : les licences

En toute honnêteté, le manque de licences dans les PES n’a jamais été un réel problème pour moi. Je prenais 30 minutes tous les ans pour changer les noms des équipes, et basta. Ça fait partie du rituel en gros. Sauf que si PES veut réellement faire à nouveau de l’ombre à FIFA, il va falloir que Konami achète des licences, beaucoup de licences.

En effet, à part la Ligue 1 (Conforama, lol) et la Ligue 2 (Domino’s, re-lol), aucun championnat européen n’est complet. D’accord, PES 2018 comprend les vraies Ligue des Champions et Ligue Europa, mais pas toutes les équipes. Et toujours pas de Bundesliga, encore moins de Bayern Munich.

Donc je disais que cela ne m’avait jamais posé problème, mais quand on n’a pas les licences de Manchester United, du Real Madrid et de la Juventus Turin… où est le plaisir de faire une partie rapide avec son équipe préférée ? Je vous parlais des stades plus haut, on en a une poignée très restreinte, ce qui empêche une immersion complète. J’entends d’ici les “oui, mais tu peux patcher le jeu et tout avoir !”. Oui, sur PC et PS4 seulement. Je ne possède qu’une Xbox One. Et puis ce n’est pas la question : Konami doit se sortir les doigts une bonne fois pour toutes pour tenter de faire de l’ombre à FIFA.

 

Pour rappel, PES 2018 est disponible sur PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One, PC, mais pas sur Switch (snif).