Si vous êtes amateurs de smartphone, peut-être êtes-vous au courant qu’Huawei, marque chinoise, a sorti ses Mate 10 et Mate 10 Pro il y a peu. Ces nouveaux smartphones au format 6 pouces, sont également l’occasion pour le fabricant d’entrer sur le marché du 18:9 (le fameux format « borderless »). Mais la marque a été moins bavarde sur sa version milieu de gamme : le Mate 10 Lite. Et il suffit de naviguer un peu sur Internet pour voir que les tests ne sont pas légion. Bah ça tombe bien, on est là pour ça !

Le test suivant ne se fera pas sur la même base que nos confrères « professionnels », ne bénéficiant pas de sonde pour l’écran, par exemple. D’autant que nous ne souhaitons pas ici nous focaliser sur de la masturbation technique : il s’agit d’un téléphone milieu de gamme ; l’auteur considère ainsi que la question majeure pour quiconque s’intéresse à cette solution est « est-ce que ce téléphone fait le taf ? ». Le test aura donc de très gros airs de prise en main.

 

La fiche technique

Car oui, même si ce n’est pas ce qui nous importera le plus, il est tout de même important d’informer : a fortiori lorsque Huawei ne fournit que peu de communication sur son terminal.

Voici donc les spécificités techniques de la bête, directement importées du site officiel du constructeur.

  • Taille de l’écran: 5,9 pouces
  • Technologie de l’écran: IPS
  • Couleurs de l’écran: 16M
  • Résolution de l’écran: 1080×2160
  • Pixels par pouce (PPI) de l’écran: 407
  • Modèle de processeur : HUAWEI Kirin 659
  • Nombre de cœurs du processeur : Octo-core
  • Fréquence du processeur : 4 x Cortex-A53 2.36GHz + 4 x Cortex-A53 1.7GHz
  • Android 7.0 (Nougat) + EMUI 5.1 (surcouche)
  • Mémoire : 64GB RAM : 4GB
  • Mémoire utilisateur disponible : Environ 48GB
  • MicroSD capacité maximale : 128GB
  • Capacité: 3240mAh (valeur minimum), 3340mAh (valeur classique)
  • Temps de chargement: moins de 150 minutes
  • Autonomie en communication: jusqu’à 20 heures
  • Autonomie en veille: jusqu’à 550 heures
  • GPS
  • QGPS
  • GLONASS
  • BDS

WiFi 802.11 b/g/n, 2.4GHz USB 2.0 BT4.2 Compatible BLE Compatible aptX

  • Fréquences : 850-900/1800-1900 Mhz (quadri-bande)
  • GPRS : Classe 10 (4+2)
  • EDGE : Oui
  • UMTS : H+ 42 Mbps (HSPA+)
  • 4G : 300 Mbps (Catégorie 6)
  • Capteur d’empreinte digitale
  • Boussole digitale
  • Capteur de lumière ambiante
  • Détecteur de mouvement
  • Accéléromètre
  • Indicateur de notification
  • Capteur SAR
  • Appareil Photo avant : 13M + 2M
  • Appareil Photo arrière : 16M + 2M

 

Unboxing de l’appareil

On reste sur ce que Huawei sait faire, la mise en boîte me rappelle beaucoup ce qui a été fait sur le Honor 7 que j’ai possédé jusqu’à présent ; mais avec quand même bien plus de soin : des petites boîtes s’embriquent à l’intérieur, ce qui permet de pouvoir ranger proprement par la suite. Je ne sais pas vous, mais quand je déballe quelque chose, j’ai énormément de mal à remballer aussi proprement. C’est un point positif.

Sont donc livrés le chargeur, le kit mains-libres (au vu de sa qualité, je refuserais d’appeler ça des « écouteurs »), une coque de protection, bref, le packaging de base.

 

Concernant l’appareil, rien à dire : c’est beau. Je me suis procuré la version noire (et ce bien que j’aurais souhaité la bleue, pas encore disponible), et le moins qu’on puisse dire, c’est que les finitions sont vraiment propres. On a du mal à croire que ce produit vaut 350 € sur la couverture. Pour être franc, j’avais même un peu peur de le manipuler avant de l’insérer dans la petite coque de protection fournie.

 

L’écran sur le devant prend un espace conséquent : c’est la joie du 18:9, le nouveau format d’écran à la mode, nous sommes donc à 83% d’espace occupé (même les allemands n’ont pas fait mieux le siècle dernier). Le ratio d’écran est donc excellent : il s’agit, rappelons-le, d’un écran de 5,9 pouces. Sur le devant, nous trouvons le logo de la marque. Ca aide toujours s’il y a plusieurs téléphones posés sur la table… L’écran ne propose « que » du Full HD, ce qui ne réjouira pas les potentiels adeptes de la réalité virtuelle (QHD+). On arguera que les intéressés iront certainement voir pour un peu plus cher, et que la différence au quotidien ne fait que desservir l’usage de la batterie.

Petit mot sur le capteur d’empreintes :

Le capteur d’empreintes est situé à l’arrière, comme c’est désormais de coutume dans bien des terminaux du cru 2017. C’est un débat récurrent dans les sites spécialisés : certains préfèrent à l’avant (surtout avec un gros terminal), d’autres à l’arrière. Je fais partie de la « Team arrière » : je conçois parfaitement l’utilité de le placer à l’avant, mais premièrement, il convient difficilement au format du téléphone (le 18:9 implique des concessions de design, surtout quand les constructeurs se battent pour moins de bordures)

Deuxièmement, il n’y a aucune différence entre débloquer son téléphone pour avoir l’heure avec le bouton dédié ou le bouton d’empreintes. La seule différence serait de devoir taper son potentiel mot de passe, mais dans ce cas, si vous avez besoin d’autre chose (ce qui est fort possible si vous débloquez votre téléphone) vous devrez de toute façon prendre votre téléphone à deux mains.

Troisièmement, je pense qu’il est plus pratique pour une phablette d’avoir son capteur d’empreintes à l’arrière pour une raison d’ergonomie : la technologie offre des mouvements liés à son capteur, ce qui donne un plus à la maniabilité du terminal. Nous y reviendrons !

 

Prise en main

Premier bémol cependant : la coque ne peut pas être retirée, signifiant que la batterie n’est pas amovible. Ce sera donc plus difficile de faire réparer l’appareil en cas de pépin ; et c’est malheureusement presque devenu la norme.

Le deuxième point que beaucoup considèrent comme négatifs selon les sites spécialisés : l’appareil photo arrière dépasse de la coque, au lieu d’une intégration parfaite. En ce qui me concerne, je dois avouer que je préfère cette disposition. Lorsque je joue ou que je déverrouille mon appareil à l’horizontale, je préfère savoir où je mets mes doigts, pour justement éviter de mettre des traces de doigt sur l’APN. Sachant que le capteur d’empreintes se trouve en dessous.

Sur la prise en main de l’appareil en elle-même : il s’agit de ma première « phablette », avec un format 6 pouces. Jusqu’à présent, j’étais sur un écran 5,2 pouces. Autant vous dire donc qu’avec mes petites mains, j’appréhendais le changement. Et pourtant, grande surprise : le format 18:9 participe à l’amélioration de la prise en main (les « phablettes » de générations précédentes étaient plus grandes). À titre de comparaison, même un Asus Zenfone 2 me semblait plus difficile à manier, appareil qui dispose pourtant d’un châssis similaire de 5,5 pouces. Alors bien sûr, il faut admettre qu’il y a quelques petites difficultés, mais qui sont inhérentes au format. La légère difficulté d’accès à l’ensemble de l’écran n’est donc pas un reproche concrètement valable.

Le capteur d’empreintes, quant à lui, est situé à l’arrière et sous l’appareil photo. Il tombe très naturellement sous le doigt, aucun souci de ce niveau-là. La réactivité est d’ailleurs au rendez-vous, et les ratés se comptent, au bout d’une semaine, sur une seule main. Celle-ci ne faillit pas, dès le premier enregistrement. Huawei/Honor a fait beaucoup de progrès de ce côté-là, je me souviens que mes débuts avec le Honor 7 (qui était alors mon premier smartphone à empreintes digitales) étaient plus fastidieux.

Mieux : le lecteur reconnaît votre empreinte sous tous les angles. Pratique donc si vous le débloquez en position horizontale ; la contrepartie est que les fonctions liées se désactivent en rotation. Moins bien : une fonction est aux abonnés absents depuis, celle d’utiliser le capteur pour retourner à l’écran d’accueil. C’est dommageable, car nous sommes tout de même sur un grand format de smartphones, et qu’en ces termes, Huawei ne doit pas lésiner sur toute option permettant d’optimiser l’ergonomie ; cette option était disponible avant, pourquoi l’avoir retirée ?

 

Mate 10 Lite : un peu de matières grasses

Je ne sais pas ce que j’ai avec la nourriture avec ce test, mais bon on essaie de manger à tous les râteliers, que voulez-vous. (…)

Maintenant que nous avons bien recouvert l’extérieur, intéressons-nous maintenant à l’intérieur : le tout tourne sur Android 7.1 Nougat, accompagné de sa surcouche EMUI 5.1. On s’interroge grandement sur l’absence d’Android 8.0 Oreo et EMUI 8 pour ce téléphone : le Mate 10 et 10 Pro sortent avec la dernière version de l’OS, qui est en plus prévue sur le Mate 9. J’ai essayé d’interpeller Huawei sur les réseaux sociaux, rien n’y fait : le chinois adore faire l’autruche quand ça parle de mise à jour.

Huawei oblige, le téléphone dispose de son petit lot de bloatwares, heureusement moins invasifs que par le passé. Après quelques petites installations (réseaux sociaux principalement), il nous reste 45 Go sur les 64 promis. Ca pique un peu. Mais heureusement, la mémoire est extensible par microSD.

Pour ceux qui ne connaissent pas EMUI, la surcouche d’Huawei/Honor, celle-ci reprend quelques codes graphiques d’Apple, avec les fonctionnalités d’Android. Heureusement, avec l’arrivée de Nougat, le constructeur a quand même fait quelques efforts, EMUI n’étant pas la surcouche la plus intuitive du marché : si vous avez toujours l’opportunité de trier vos applications, le constructeur a désormais rajouté le tiroir d’applications cher à bien des utilisateurs ! Et ça, c’est un gros plus. Même si, on vous l’accordera, ce n’était pas le fruit d’impensables efforts. Mais Baloo disait : il en faut peu pour être heureux.

EMUI 5.1 saura donc ravir ceux qui veulent mêler personnalisation et usage intuitif. Ceux qui étaient réfractaires à l’interface du géant chinois n’ont plus de raison de se montrer hésitants.

 

L’appareil photo

Petit aparté sur l’appareil photo : celui-ci est composé non pas de trois, mais de quatre caméras ! C’est, là aussi, une tendance que l’on voit progressivement sur les téléphones de 2017, mais il faut avouer que ce n’est pas nécessairement ce qu’on s’attendait à retrouver sur un smartphone de 350 euros. Nous avons donc 13 Megapixels à l’avant contre 16 à l’arrière, les deux supportés par une seconde lentille de 2 Megapixels. Sans être transcendantes, les photos sont nettes et agréables à regarder. L’exploitation de jour est donc très correcte, mais attendez-vous donc à rester sur votre faim sur les photos de nuit. Seuls les téléphones (très) haut de gamme savent tirer leur épingle du jeu de ce côté-là ; ne vous sentez pas donc coupables d’opter pour un Mate 10 Lite. Nous vous laissons le loisir de scruter la galerie personnelle pour vous donner une impression, et à mes collègues de découvrir un environnement plus rural que la région parisienne !

 

Galerie

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L’écran

L’écran est un IPS, à résolution Full HD. Nous ne sommes pas donc dans les hauts standards de l’AMOLED aux noirs infinis de chez Samsung ou encore OnePlus récemment. Ca ne veut évidemment pas dire que cet écran est mauvais, loin de là ! La marque est souvent saluée pour sa maîtrise de l’IPS, et votre serviteur ne vous mentira pas en disant que le Mate 10 Lite ne déroge pas à la règle.

Le 18:9 est un régal à l’utilisation, il apporte un plus et confort non négligeables pour la lecture de contenus. Ce qui reste un propos à nuancer : la jeunesse du format implique un manque de maturité dans son exploitation ; ainsi, les applications ne sont pas encore optimisées dans ce format car conçues en 16:9. A noter que Netflix, pour ne citer que lui, prépare une interface adaptée. D’autant plus que les jeux souffrent, pour certains, d’un manque d’adaptation à ce format. C’est ainsi qu’en jouant à Phoenix Wright : Spirit of Justice, il y a une grosse bande à la gauche, mais l’épisode Apollo Justice fraîchement ressorti, lui, bénéficie de tout l’espace. Mais si vous êtes amateurs de jeux de plateformes ou de voiture, ne vous faites pas de souci : tout apparaîtra à merveille.

Attention quand même : vous aurez du mal à voir ce qui est sur votre écran si vous êtes exposé(e) en plein soleil.

 

Les jeux

Vous vous en doutez, le Kirin 659 n’est pas un cheval de guerre. Là encore, nous rappelons que nous sommes sur un smartphone milieu de gamme. Mais alors, quid des jeux ? Ils tournent tous bien, c’est déjà ça. Ne vous attendez pas cela dit à jouer à Asphalt Nitro à 60 images par secondes, ce serait du domaine de l’illusion. Nous sommes davantage sur la moitié, ce qui est le minima tolérable ; et sans sourciller. En bref, le Mate 10 Lite fait le taf’, mais pas bien plus.

 

La batterie

Celle-ci, nous le rappelons, est à hauteur de 3340mAh. C’est plus ou moins dans la norme, mais dans les faits ? Pour une utilisation modérée, le terminal devrait pouvoir tenir une journée et demi à deux jours selon ce que vous en faites. Attention cependant si vous jouez beaucoup, votre téléphone durera aussi vite qu’un niveau de Sonic Forces, toutes proportions gardées. Je suis un peu mauvaise langue, il dure, mais sachez mesurer vos sessions si vous n’avez pas de chargeur sous la main. Pour une charge complète, comptez à peu près deux heures.

À noter que le téléphone ne dispose ni de charge rapide, ni de charge sans fil (ce qui est parfaitement compréhensible au vu du prix). Là où l’on peut pester, c’est qu’un téléphone en fin 2017 sort sans port USB-C, pourtant une norme progressant très rapidement. Nous nous retrouvons donc avec un micro-USB au bout du chargeur.

 

La touche finale

Que retenir de cette semaine et demie passée avec le Huawei Mate 10 Lite ? Un sentiment global de satisfaction. Le téléphone ne faillit pas dans les tâches demandées, EMUI 5.1 est un vrai plaisir dans ce qu’il propose. Une phablette 6 pouces en 18:9 pour ce prix-là est du pain béni. Bien sûr, il ne vous servira pas de photophone, mais je doute que ce soit ce que vous exigez d’un smartphone si vous lisez ce test.

 

On aime :

  • Le rapport qualité-prix
  • Le 18:9 à pas cher
  • Bon écran
  • Lecteur d’empreintes efficace
  • La petite coque fournie

On n’aime pas :

  • Pas d’USB-C en fin 2017 !
  • L’écran illisible si le soleil vous tombe sur la tête
  • Batterie frileuse sur les jeux
  • EMUI 5.1/Android 7.1 plutôt qu’Oreo en fin 2017 alors que les Mate 9, 10 et 10 Pro l’ont ou vont l’avoir