Aaaahh la sortie de FIFA… La grande messe annuelle des footeux. Tout les ans c’est le même rituel, un peu comme le repas de Noël chez belle maman.

Tandis qu’on ne supporte plus la précédente édition à cause des nombreux défauts qui ont achevé de nous agacer et les transferts plus à jour, on trépigne d’impatience à l’approche de la sortie de la nouvelle mouture. Puis arrive enfin le jour J : on se rend dans son magasin préféré, on creuse un peu plus son découvert lors du passage en caisse (“Mais chérie, c’est FIFA voyons !”), on rentre chez soi en courant et c’est parti pour des dizaines et des dizaines d’heures de jeu.

Qu’on soit un adepte de FUT (FIFA Ultimate Team pour les nouveaux), un Mourinho des Carpates en mode carrière ou alors qu’on aime gueuler sur ses potes trop personnels en mode club pro (lâche ta balle Marco !), la simulation de EA Sports regorge de modes de jeu pour contenter tout ce petit monde et c’est avec plaisir qu’on retrouve nos stars favorites du ballon rond.

Enfin ça, c’est si vous jouiez sur PS4, Xbox ou PC. En effet, entre EA et Nintendo, les relations s’étaient quelques peu échaudées depuis quelques temps. Avec des épisodes Wii et DS corrects mais très limités par rapport aux versions concurrentes, les choses se sont sérieusement gâtées après, avec un arrêt à FIFA 14 sur 3DS  (simple màj des transferts facturée 45€) et FIFA 13 sur Wii U (une version maquillée de FIFA 12 au contenu amputé, qui plus est sur une console qui n’a jamais su trouver son public).

Avec la sortie de la Switch, EA Sports a voulu se rabibocher avec Nintendo en proposant une version adaptée aux spécificités de la Switch (“[…] FIFA, qui au passage est vraiment bon cette année. C’est un jeu FIFA complet et, pour la première fois, destiné à une console portable.”  déclarait Patrick Söderlund au magazine Edge cet été).

Petit état des lieux du “Meilleur FIFA portable jamais produit par Electronic Arts” (rien que ça).

 

FIFA Switch

Avoir son FIFA toujours sur soi, le kif !

 

Krafism

Ceux qui s’attendaient à une version sensiblement équivalente aux versions Xbox One/PS4 peuvent passer leur chemin. En effet, FIFA Switch tourne sur un build hybride du moteur Ignite (le moteur de la gen précédente), avec quelques features next gen tout de même. Exit donc le rendu quasi photo-réaliste du Frosbite, on se retrouve avec un jeu proche des versions PS360, en légèrement plus fin et détaillé et une meilleure modélisation des visages. Le rendu est nettement plus agréable en mode portable, le 720P sautant un peu aux yeux en mode dock.

Pour un premier jet sur Switch cela reste très convaincant, d’autant que la promesse des 60 FPS est tenue. C’est de bonne augure pour la suite, EA travaillant actuellement à rendre son moteur Frosbite compatible avec la Switch (avec quelques concessions, cela va de soit).

Passement de jambes, sur ma Switch je flambe

Qui dit pas de moteur Frosbite dit moteur physique Old Gen. Par conséquent on peut faire une croix sur toutes les avancées en terme de physique de balle, de défense sans ballon, de dribbles etc. Les joueurs PS4 et One de la précédente édition (dont je fais partie) seront un peu déboussolés au début, mais prendront vite leurs marques, le feeling revenant assez vite.

Malgré cela, FIFA Switch reste équilibré et très agréable à jouer, avec un bon compromis attaque/défense (avec un léger avantage de l’attaque tout de même) et de bonnes sensations de jeu. Que vous soyez un adepte du kick and rush ou plutôt du genre à poser le jeu en multipliant les passes et les renversements, vous aurez de quoi vous amuser et définir votre style de jeu.

On a affaire à un vrai jeu de football, et cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé sur console Nintendo. Vue la petite taille des stick sur les Joy-Con, il est préférable en mode salon de jouer avec la manette pro pour une meilleure précision (notamment pour les dribbles).

 

FIFA Switch

Allez, on mise sur un rouge pour Ramos pour ce classico

 

Un mode vous manque, et tout le stade est dépeuplé

Puisque l’idylle ne pouvait pas être parfaite, c’est au niveau du contenu et des fonctionnalités que le bât blesse. En effet, cette version se retrouve amputée de plusieurs mode de jeu, et pas des moindres. Pas de Club Pro, pas de saisons coop en ligne et pas de mode aventure (“The Journey”, la suite des péripéties d’Alex Hunter initiées lors de l’opus précédent). Voilà, c’est dit. Si l’absence du mode aventure se justifie aisément par la contrainte du moteur graphique, c’est plus difficilement explicable pour les deux autres.

Plus grave encore, l’impossibilité d’affronter directement (pour l’instant on l’espère) un joueur de sa liste d’ami. Aberrant. Le mode carrière quant à lui ne comprend pas les derniers ajouts en date, mais cela reste plus anecdotique.

Vous l’aurez compris, cela fait beaucoup de disparités par rapport aux versions PS4/Xbox One, pas forcément justifiées qui plus est. Malgré cela le contenu de FIFA Switch reste conséquent entre les saisons en ligne, le mode carrière, Ultimate Team, le multijoueur local en mode nomade et d’autres encore, soit des centaines d’heures de jeu à claquer des lucarnes seul ou entre copains. Cela reste à vous de voir si le verre est à moitié vide ou à moitié plein.

 

FIFA Switch

Convivial, mais la jouabilité à un JoyCon limite grandement le gameplay

 

Une franche réussite portable, à relativiser en mode salon

Vous l’aurez compris, FIFA Switch est un bon jeu de football. EA Sports a tenue ses promesses, et nous livre effectivement le meilleur Fifa portable sorti à ce jour. Un tel niveau graphique sur console portable, cela force le respect, qui plus est avec une fluidité à toute épreuve. Une jouabilité agréable et équilibrée, plusieurs mode de jeux etc. Vous aurez de quoi vous occuper longuement dans les transports en commun ou lors de votre pause déjeuner.

En tant que FIFA sur console de salon (et donc en comparaison avec la concurrence), le résultat est plus mitigé. Sans même parler du niveau graphique du soft (qui reste satisfaisant, je préfère insister), la différence de contenu est tellement importante que la question ne se pose même pas pour quelqu’un possédant une autre console que la Switch. Seul les joueurs Nintendo, snobés depuis toutes ces années, y trouveront très largement leur compte avec un jeu de football solide.

Et puis si vous êtes curieux de savoir ce qui se fait ailleurs, je vous invite à lire notre test de PES 2018, qui mérite un petit détour.