Deux ans. Deux longues années à attendre la suite d’un épisode 7 qui, bien que loin d’être parfait, laissait entrevoir de bonnes choses pour l’avenir de la saga. C’est donc avec l’impatience d’une gamine de 13 ans allant à un concert des One Direction que je me suis rendu à la projection. Voici donc mes impressions après avoir vu Star Wars 8 : Les Derniers Jedi.

Attention : cette critique contient des spoilers. Il m’est en effet impossible d’aborder l’intrigue du film sans vous la divulgâcher. Toutefois, cette partie ne sera abordée qu’en toute fin d’article, et celles et ceux ne souhaitant pas se gâcher la surprise seront avertis avant de poursuivre leur lecture. Précisons que toutes les images figurant dans cet article sont tirées du trailer ci-dessous. 

My name is Williams, John Williams

Impossible de faire la critique d’un nouveau film de la saga Star Wars sans en aborder la musique. Certes, les thèmes musicaux sont toujours les mêmes ou presque depuis 1977, mais les frissons sont toujours là quarante ans (!) plus tard. De la magistrale ouverture et son texte jaune défilant, aux illustrations musicales des différentes batailles, le plaisir est là, tout le long du film. Tendez l’oreille et vous pourrez même distinguer ici et là des anciens thèmes habilement placés pour illustrer les dialogues, à l’instar de La Marche Impériale. Merci Monsieur John Williams.

Dans son ensemble, la bande-son est une vraie réussite et les bruitages procurent ce frisson propre à la saga. Fermez les yeux et imaginez l’allumage d’un sabre laser. Voilà, vous voyez de quoi je parle.

Star Wars

Des visions dans l’espace

À mon sens, si l’on aime Star Wars, on s’attend à s’en prendre plein la vue. Les Derniers Jedi remplit sa part du contrat, avec des batailles spatiales toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Celles-ci sont en effet réellement réussies, aussi bien sur le plan strictement technique du visuel que sur la “chorégraphie” de ces batailles. On se laisse évidemment griser à chaque poursuite X-Wing/Tie Fighter.

Star Wars

Mention spéciale pour un plan situé vers la fin du film (je ne dévoile rien, promis !) : on reste bouche bée devant l’écran et l’absence de son ou de musique à ce moment précis est du plus bel effet. Quand vous aurez vu le film, vous saurez évidemment de quel plan il s’agit.

Mais, car il y a un mais, tout n’est pas visuellement réussi dans ce film. Certains plans sur fond vert sont un peu bâclés, ce qui est vraiment dommage au vu de la qualité du reste du film. C’est le cas par exemple d’un plan où Luke et Rey sont sur l’île de la fin du 7, avec la falaise derrière. Ça piquerait presque les yeux.

Un humour à l’ancienne

Parmi les –nombreuses– critiques que l’on peut faire à l’épisode 7, figure le manque d’humour, qui est pourtant si cher à la saga. Sachez que Les Derniers Jedi rattrape le coup, avec des petites touches humoristiques ici et là, le tout de la part de différents personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, réputés comme drôles ou plutôt sérieux. N’ayez crainte, on ne tombe pas non plus dans la comédie de comptoir. Bon, le niveau des vannes n’est pas toujours très élevé, mais ça fait du bien de retrouver cet aspect de Star Wars.

Des personnages intéressants

Toujours pour ne pas vous divulgâcher quoi que ce soit (j’adore ce mot), je n’aborderai ici que les personnages figurant déjà dans Le Réveil de la Force. Ainsi, nous retrouvons avec plaisir le trident Rey/Finn/Poe dont on attendait un peu voire beaucoup le développement. Quant au méchant Kylo Ren, l’excellent Adam Driver remet le couvert dans le même style que lors de l’épisode précédent, que l’on aime ce personnage ou non.

Star Wars

SORTEZ LES SPOILERS !!

Dernière chance pour vous d’arrêter de défiler cet article si vous ne voulez rien savoir de l’histoire !

Vraiment ?

Allez, c’est parti !

Père Castor, raconte-moi une histoire

Après un épisode 7 qui, loin de nous offrir un scénario béton, laissait tout de même de nombreuses portes ouvertes, que donne cette suite ?

Commençons par le grand méchant loup, à savoir Snoke. Celui-ci n’était qu’hologramme dans le 7, nous le rencontrons en chair et en os dans Les Derniers Jedi. Une gueule cassée, une voix intimidante, un physique pas aussi disproportionné que l’hologramme n’y laissait paraître : ce nouvel ennemi n°1 fonctionne très bien. MAIS, car il y a un gros mais, l’intrigue ne nous dévoile absolument RIEN de son identité. Les théories les plus folles restent donc sans réponse (est-ce Darth Plagueis ?), dommage, voire “fait chier”. De plus, son côté impressionnant et “badass” s’est effondré d’un seul coup en se faisant couper en deux par Kylo. Plouf.

Justement, parlons-en du fils Solo. On s’attendait à ce qu’il repasse dans la lumière, grâce à Rey notamment. Cela s’est vérifié en partie, avec comme point culminant la scène de combat en coop Rey/Kylo, que j’ai particulièrement adorée. Donc, à l’instar de Vador, il tue son maître, mais au lieu de devenir gentil, il remplace Snoke et cherche à dominer le monde et à séduire Rey. Ça rappelle Anakin souhaitant entraîner Padmé à façonner le monde à leur image. Cet aspect de l’intrigue est plutôt bien senti je trouve, et Kylo prend de l’ampleur, l’attente jusqu’au 9 sera longue.

Cet épisode 8 apporte quelques personnages secondaires plutôt intéressants, notamment Rose, la copine de Finn. Elle n’a pas froid aux yeux, elle se donnerait corps et âme pour ses proches, ça fait plaisir. Quant à Holdo, la BFF de Leia, son sens du sacrifice à la fin est lui aussi touchant, même si je n’ai pas trop bien compris deux choses. En effet, pourquoi ne pas dévoiler son plan à l’équipage avant que celui-ci ne se mutine ? Pourquoi se sacrifier pour détruire le croiseur ennemi, alors qu’un droïde aurait pu le faire ? Encore une fois, dommage. Enfin, Les Derniers Jedi nous donne (enfin !) droit à un affrontement Finn/Phasma, qui fait plaisir mais qui n’aurait pas dû se finir comme ça. Pourquoi nous présenter un personnage si bad-ass et le faire mourir aussi tôt ? Dommage, again.

On enchaîne avec Rey. Elle confirme ce que l’on avait entraperçu dans le 7 : elle est bien ancrée dans la lumière et holy shit elle est forte. Son apprentissage auprès de Luke tout en tentant de le convaincre d’aider la Résistance est la colonne vertébrale de l’intrigue. Leur duo fonctionne bien, même si on aurait rêvé les voir combattre ensemble, ce qui évidemment n’arrivera pas.

Car oui, à défaut de Leia (RIP Carrie Fisher), c’est bien Luke qui nous quitte dans ce Star Wars 8. Après une séquence épique où Luke affronte Ren en wi-fi, celui-ci meurt de fatigue. Certes, il fait preuve d’une maîtrise de la force assez folle, mais quel dommage qu’il s’arrête là. Personnellement, j’aurais préféré voir Leia mourir dans l’espace (et nous épargner cette scène kitsch au possible, façon Superman), quitte à ce que Luke disparaisse dans le prochain film, histoire de laisser l’intrigue se développer un peu mieux.

C’est d’ailleurs là le principal défaut de Star Wars 8 : il ferme toutes les portes entrouvertes dans Le Réveil de la Force. On a l’impression que Rian Johnson ne peut pas blairer J.J. Abrams, et qu’il a décidé de foutre en l’air tout ce qu’il avait installé dans le 7. Étant donné que ce sera de nouveau Abrams aux commandes du 9, je me demande bien comment tout cela va finir.