L’histoire

Enzo est un petit malfrat tout ce qu’il y a d’ordinaire : récemment sorti de prison, il passe ses journées et ses nuits – lorsqu’il ne trempe pas dans de louches combines – cloîtré dans son HLM de la banlieue de Rome, à visionner des films érotiques tout en se nourrissant de crème dessert à la vanille. Un jour, contraint de se cacher pour échapper à deux poursuivants, il entre en contact avec une étrange substance chimique. Il se retrouve alors doté d’une force surhumaine qui se réveille à l’occasion d’un coup qui tourne mal. N’aspirant qu’à une vie simple, c’est-à-dire à un frigo débordant de yaourts et des cartons entiers de DVD cochons, il va pourtant se retrouver contraint d’affronter un truand local et de gérer une étrange jeune fille obsédée par un anime des années 70,  Jeeg robot

Jeeg robot

Bon, d’accord, tu testes ta force… mais comment tu comptes expliquer ça au proprio, hein ?

Mon avis

“OVNI”. C’est le terme qui m’est immédiatement venu à l’esprit lors du visionnage de ce film. Il est vrai qu’il ne ressemble à rien de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent : ni film de super-héros, ni comédie sociale. Le talent de Gabriele Mainetti a justement été de parvenir à mêler ces deux genres sans qu’aucun des aspects du film n’en pâtisse. Il nous donne à voir la situation peu reluisante de Tor Bella Monaca, une des banlieues de Rome les plus laissées pour compte, et sa domination par la mafia, et met sur le même plan la naissance d’un super-héros. Enzo est en proie à des doutes bien humains : pourquoi lui, crapule à la petite semaine, mettrait ses super-pouvoirs au service du bien commun ? C’est finalement Alessia, jeune fille instable et perdue, qui lui montrera la voie.

Jeeg robot

La rançon du succès !

On l’appelle Jeeg Robot est donc un hommage à plusieurs couches : hommage aux films de super-héros, hommage aux oubliés du progrès social, et hommage à l’âge d’or de l’animation japonaise. Eh oui, Jeeg robot a bel et bien existé ! C’est un anime de Go Nagai (le papa de Goldorak) qui a connu un certain succès chez nos cousins transalpins. Le lien avec le film ? Hormis Alessia qui est fascinée par cette oeuvre, il semblerait que ce soit une expression italienne : lorsque quelqu’un est impressionnant, on ne le qualifie pas de “Superman” mais de “Jeeg robot” !

Un petit bémol, et même un gros, cependant : une scène de sexe entre deux personnages, dont l’un.e non-consentant.e, est montrée à l’écran. Attention donc si vous êtes sensible à ce sujet-là.

Hormis ce problème, si vous voulez voir un film décalé porté par de brillants acteurs, allez-y. Le public italien ne s’y est d’ailleurs pas trompé, puisque ce film a été le succès-surprise de l’année 2016 avec 1 million de spectateurs, et a raflé pas moins de 7 David (les César italiens). Une belle récompense pour le réalisateur, qui a passé 5 ans à travailler sur ce long-métrage. Et tant pis pour les producteurs qui l’ont refusé !

On l’appelle Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti, avec Claudio Santamaria, Luca Marinelli, Ilenia Pastorelli. En salles AUJOURD’HUI !

 

 

P.S. : je sais pas si vous avez remarqué, mais j’ai réussi à écrire sur un film italien de super-héros sans caser “dolce vita” ni “grand-pouvoir-grande-responsabilité”. J’exige donc un cookie !