Le Consumer Electronics Show, qui se tient en ce moment à Las Vegas, est le temple des nouvelles technologies : entre téléviseurs, smartphones, le gaming s’invite chaque année d’avantage : Razer en profite donc pour faire son petit marché, et mettre les pieds dans le plat, avec ni plus ni moins que trois annonces majeures. 

 

Razer annonce HyperFlux, recharge sans fil 

Non content de vouloir jouer au chat et à la souris, c’est bien de cette dernière dont nous parlerons (niveau transitions fumeuses on atteint le sommet chez Côté Geek…). Parmi les inventions et autres concepts “révolutionnaires”, Razer nous gratifie aujourd’hui d’une nouvelle technologie sans fil spécialisée pour les gamers : HyperFlux. Celle-ci consiste en un “transfert d’énergie intégré et ininterrompu”, puisqu’il s’agit là d’un tapis de souris fonctionnant via un champ magnétique qui transmet donc de l’énergie directement à l’engin. Ainsi, les souris compatibles seraient également rendues aussi légères qu’une souris filaire.

Ca tombe bien, car les deux premiers éléments de cette gamme sont le tapis Razer Firefly HyperFlux, qui disposera de deux faces (l’une rigide, l’une en tissu, selon l’effet recherché) ;  et la souris Mamba HyperFlux. Cette dernière est équipée de la technologie propriétaire Adaptive Frequency Technology, permettant un signal plus puissant, avec une bande passante de 2.4 GHz. Razer vante sa souris en lui annonçant un capteur optique 5G de 16 000 DPI . Les deux nouveaux produits seront compatibles Razer Chroma, pour du bon tuning façon Jackie et synchronisation avec l’ensemble des produits de la marque.

La technologie a été saluée par le CES, qui en a profité pour lui décerner 5 prix, dont le “Best Gaming Gear of CES 2018” par PC MAG, ou le “Best Mice of CES 2018” par Digital Trends.

Vous pouvez d’ores-et-déjà vous procurer ces produits sur le Razer Store en ligne, les revendeurs pourront en profiter au cours du premier trimestre 2018.

 

Project Linda, le pari mobile… sur mobile 

Vous avez peut-être déjà entendu parler de la récente entrée du géant vert (ho ho ho !) dans le marché de la téléphonie mobile, avec le Razer Phone. Ambitieux et avec des caractéristiques haut de gamme, le terminal avait pour ambition d’être concentré sur le gaming mobile, à l’aide également d’un écran 120Hz, actuellement non usité par les contenus Android. Celui-ci accueille d’ailleurs le Dolby Digital Plus 5.1 et le HDR pour approfondir son partenariat avec Netflix.

Le CES 2018 est l’occasion pour Razer de montrer qu’il souhaite capitaliser sur cette nouvelle entrée, avec le Project Linda. Là encore, si l’actualité Android vous intéresse, peut-être savez-vous également que Samsung et Huawei concentrent désormais une partie de leurs efforts dans la transformation de leurs mobiles en solutions de remplacement d’un ordinateur. Le DeX pour le premier (ce n’est pas pour Pokémon, chers lecteurs), EMUI Desktop pour le second.  

Razer

C’est là qu’intervient Linda, qui n’est simplement qu’un projet de vrai-faux ordinateur portable utilisant le corps d’un Blade Stealth, l’un des parangons de la gamme ordinateurs portables. En bas à la place du touchpad, un emplacement pour le Razer Phone. Le téléphone se transforme alors en réel ordinateur, avec son interface dédiée ; l’écran lui-même est en 120Hz, profitant pleinement des capacités du terminal. Vous pourrez ainsi consulter vos mails confortablement, faire un peu de bureautique, regarder des films pour adu- euh votre série favorite.

Et le concept a forcément séduit au-delà de la presse : Razer annonce avoir reçu ni plus ni moins que 20 prix “Best of CES”, à savoir bien plus que ses projets Valerie et Ariana et 2017, ou encore Fiona en 2012. Mais qu’est-ce que Razer a donc avec les prénoms féminins (did you just assume my gender ?!) ?

Shadow et Razer, ombre et lumière 

Face à l’investissement colossal qu’un ordinateur dédié au gaming peut représenter lorsque l’on cherche des performances hors du commun, s’oppose souvent une réalité qui s’appelle le porte-feuille. C’est là où la start-up française Blade rentre en compte avec le projet Shadow [insert une référence à Sonic Adventure 2]. Non, ce n’est pas une branche secrète des services de renseignement du gouvernement ; c’est un service de PC dématérialisé. À l’aide (ou non) d’un boîtier, vous pouvez streamer un PC sécurisé dont les serveurs sont localisés dans l’Hexagone, celui-ci étant affublé de composants haut de gamme, dont une carte graphique NVIDIA GTX 1080. Ainsi, virtuellement n’importe quel ordinateur équipé de Windows 10 peut faire tourner votre jeu favori en “ultra settings”. Le tout au prix d’un abonnement mensuel. Les PC Master Race en sang on vous dit ! 

Blade annonce ainsi une collaboration (quand on vous dit que c’est français, on vous a pas menti) entre Shadow et le Razer Phone, rendant le stream possible sur le téléphone “gaming”. Les premiers retours, selon la presse spécialisée, évoquent d’excellentes performances ; même si la qualité de votre connexion fera le tout, un temps de latence d’1 à 10 ms étant relevé lors de séances du salon de Las Vegas (pourtant saturé de connexions WiFi).  

 

Le smartphone, plus nécessaire que jamais 

Ces deux dernières annonces donnent donc le ton quant à la direction que souhaite prendre Razer. À nuancer toutefois : Linda n’est actuellement qu’un projet, un concept comme il en apparaît souvent lors de cette convention. Toutefois, on s’interroge sur la substance donnée à ce projet par cette collaboration, et si Linda est sujette à quelques interrogations légitimes (quid de la compatibilité avec un potentiel Razer Phone 2 ?), elle lie avec efficacité le monde du smartphone et celui du gaming.  

Le but ici reste clair : donner une nouvelle dimension au smartphone. Comme cité plus haut, ce projet d’utiliser son smartphone comme d’un ordinateur gagne du galon avec DeX et EMUI Desktop, et si ces interfaces et leur mise en pratique restent perfectibles, le gaming traditionnel sur PC est inéluctablement la prochaine étape.  

Avec un service de PC dématérialisé comme Shadow, moyennant une connexion Internet bien virile, l’on avance dans cette centralisation du smartphone. Qui a des bons points, comme éviter d’investir dans une configuration entre 1400 et 1700 euros pour des performances qui sont proposées par la start-up Blade, de pouvoir profiter de ces performances sans se préoccuper de son support, de la chauffe des composants, etc ; et de l’investissement moindre que peut désormais représenter l’achat d’un smartphone vis-à-vis des possibilités offertes, et étendues. Éviter d’acheter un ordinateur portable parfois très cher, quand son téléphone avec un petit support, offre une prestation similaire pour une utilisation lambda ; là est l’objectif. 

Mais d’autres points négatifs se profilent : premièrement, jusqu’où peut aller Shadow ? Les streameurs et autres créateurs de contenu gaming sur Twitch ou YouTube peuvent-ils y trouver leur compte ? Deuxièmement, qu’en est-il du temps de réponse pour le jeu en ligne ? Même si le streaming direct de Shadow permet d’obtenir des résultats allant de 1 ms à 10 ms, c’est une autre chanson lorsqu’il s’agira de jouer dans des jeux où tout compte, l’on pensera à des matchs de haut niveau dans Street Fighter, ou de CounterStrike ; pour ne citer qu’eux. Troisièmement, Shadow se règle par abonnements. Et dans une société où les abonnements (ou autres paiements différés) pululent, on peut questionner son asservissement financier à ces nouveaux services. Et puisqu’on en parle, utiliser ce service de manière optimale passe par une revalorisation de la qualité (et/ou quantité) de son forfait Internet, que ce soit sur le fournisseur d’accès à Internet ou son forfait mobile. Ce qui représente, en marge du service, un investissement supplémentaire qui n’est pas forcément des plus bienvenus. 

On attend tout de même d’en savoir plus sur cet ensemble, qui sur le papier, avouons-le, présage de belles choses pour l’avenir !